Testo critico di Gilles Fallot:

LES VIES SECRETES D'ISABELLA NURIGIANI

Isabella Nurigiani sculpte, peint et crée des bijoux.
Ses sculptures sont des œuvres abstraites, mais leurs formes me font parfois penser à des danseurs qui expriment la force joyeuse de l’existence.
D’autres rappellent les arabesques de l’écriture arabe, une calligraphie élégante en fer ou en marbre, qui me fait songer à l’œuvre du calligraphe Hassan Massoudy.
Isabella Nurigiani est exigeante ; elle me dit que son « geste est instinctif, non prémédité », elle ne cesse d’œuvrer avant d’avoir rejoint une harmonie épurée et vibrante. Les œuvres d’Isabella Nurigiani ne sont pas seulement de beaux objets, ce sont aussi des objets qui existent et qui transmettent la naturelle élégance de l’artiste.
Isabella Nurigiani sculpte aussi ce que j’appelle des vagues émergeantes pétrifiées. Elles sont  d’une douceur féminine, celle qui se dégage de l’acier et du marbre que cette mince femme énergique plie, ponce, sculpte, tord et creuse pour en obtenir les sonorités des silences ; il n’y aurait pas de musique sans silence, un silence rond, enveloppant, musical.
Actuellement, Isabella Nurigiani peint sur des fonds de bitume, avec des sables et d’autres matières étranges, puis elle ajoute quelques taches de peinture, ce qui produit un surprenant effet de profondeur et de mystère, où gli spruzzi delle onde e le mani luminose delle notti scuri* ( les embruns et les mains lumineuses des nuits obscures) viennent du lieu de l’art.
Les bijoux d’Isabella Nurigiani expriment une autre facette de l’artiste, où l’on retrouve son élégance, sa simplicité, son humour.
En effet, l’artiste a de l’humour. Elle est aussi modeste, elle parle peu de son travail, point « des affres de la douleur de la création ». Elle agit. Pour Isabella Nurigiani, agir, c’est créer.   
Son œuvre est si excellente que l’artiste nous laisse volontiers croire qu’elle est désinvolte. Une désinvolture soignée, c’est la griffe des grands couturiers. Alors, en présence d’œuvres en acier, en marbre et en fer, si travaillées, si soignées comme le sont celles d’Isabella Nurigiani , on ne peut que demeurer en admiration devant son travail.

*Elizabeth Frolet, Assenzio, ed. del giano.